En une vingtaine d'années, la série des Alien a su s'imposer comme l'une des saga les plus prestigieuses du cinéma. Dans cette rétrospective, nous nous interrogerons sur les avantages, les désavantages et plus généralement sur toutes les caractéristiques de chaque épisode, pour tenter de mieux cerner les raisons de cet énorme succès.
épisode 1 : Alien le 8ème Passager
épisode 2 : Aliens
épisode 3 : Alien 3
épisode 4 : Alien Resurrection
- Alien le 8ème Passager de Ridley Scott
Avant 1979, l'idée que les gens avaient de la SF (et donc du futur), c'était l'harmonie entre l'homme et la technologie, la perfection d'un mode de vie sans faille, où l'humain était maître de tout cet empire qui l'entoure : l'Univers. C'est ce que tout le monde pensait jusqu'à ce que l'équipage du Nostromo reçoive l'ordre de se poser sur une planète mystérieuse qui émet d'étranges signaux... et que Alien le 8ème Passager sorte en salles.
Quand l'horreur attaque la science-fiction
Bien sûr, avant Alien, il y a le canular involontaire signé Edward Davis Wood Jr., Plan 9 from Outter Space, un nanar mythique où les extra-terrestres tentent d'envahir notre belle planète en y ressuscitant les morts... Mais passons sur le détail. Le huitième passager, c'est donc un imprévu, une créature cruelle et étrange qui semble en vouloir à tout le monde de ne pas l'avoir inviter, et qui représente surtout une extrême menace pour le lieutenant Ripley et ses collègues. Sur cette vision nouvelle et repoussante du futur (qu'il allait renouveler 2 ans plus tard avec Blade Runner), Ridley Scott a bâti une véritable fresque sur la peur. La peur du noir, la peur de l'inconnu, de ce qui est autre et de ce qui nous observe sans que nous puissions le voir. Cela est particulièrement bien illustré dans une excellente scène : l'alien sortant soudainement de l'ombre en effrayant Ripley.
Aujourd'hui, et surtout après avoir vu les trois opus suivants, la lenteur du déroulement de l'histoire (et donc le film lui-même) pourrait finir par ennuyer. C'est pourtant loin d'être le cas, puisque c'est justement l'une des raisons pour lesquelles, vingt ans plus tard, Alien le 8ème Passager a conservé toute l'ampleur de son atmosphère angoissante, et donc tout son intérêt. Le ton délibérément lent, ainsi que les scènes longues et silencieuses parfois plongées dans la pénombre, installent au fur et à mesure de l'histoire une impression de claustrophobie qui rend les passages violents encore plus effrayants. Car dans la vie - et c'est une opposition au film de Cameron -, la peur intervient le plus souvent dans les moments où tout est immobile et silencieux, et où le temps semble ralentir, presque s'arrêter. Et plus l'attente est longue, plus cette sensation s'amplifie. Dans l'espace, personne ne vous entend crier...
L'effet Giger
On peut attribuer un second facteur à la grande réussite et l'efficacité du résultat final : c'est le travail magnifique de H. R. Giger, un artiste suisse qui a créé des décors, des objets et des formes dotés d'un style biomécanique à la fois énigmatique et mystérieux, et derrière lesquels semble se cacher un secret introuvable, indéchiffrable. Ce qui nous glisse d'emblée dans l'ambiance sombre et angoissante du film.
Cette alliance étrange entre chair et métal a d'ailleurs été malheureusement abandonné dans les 3 volets suivants (ce qui ne les rend cependant pas moins admirables). Résultat, on ne retrouve pas cette marque propre à Alien le 8ème Passager, qui apporte aux aliens une plus grande ambiguïté ; que sont-ils vraiment ? d'où viennent-ils ? depuis quand existent-t-ils ? Aucune réponse possible.
Ces petits détails qui font la différence
Dans Alien
le 8ème
Passager, on trouve une petite poignée
de détails dont il est bon de remarquer. Il n'est pas ici question des détails
artistiques (et infinis) des décors, comme ceux du vaisseau alien ou bien de
l'intérieur du Nostromo, mais de certains objets se réfugiant dans des plans
brefs ou lors de travellings, que l'on aperçoit en prêtant attention et qui
renseignent le spectateur sur l'identité d'un personnage par exemple. Ils n'ont
jamais de rapport direct avec le scénario, mais amènent le spectateur à se
poser des questions, et à s'imaginer des choses passionnantes tournant autour
de l'histoire.
Parmi eux, le plus explicite est sans doute la brève apparition, à deux
reprises, de photos érotiques appartenant aux deux amis Parker et Brett. Ces
passages nous dressent en quelques secondes une partie du portrait de ces
personnes, nous apprenant que les membres de l'équipage du Nostromo ne sont pas
des héros, juste des gens ordinaires (leur travail consiste à livrer de la
marchandise), dont la future mort sera donc plus frappante.
Autre détail bienvenu - et très astucieux -, le petit moniteur que nous montre
la caméra lorsque Ripley programme le décrochage de la navette. Un écran
rouge où s'inscrit le mot "PURGE" en clignotant. Certains l'auront
peut-être remarquer, c'est exactement le même écran que l'on retrouvera avec
plaisir 3 ans plus tard dans Blade Runner,
sur le tableau de bord du spinner de la police. Cela instaure d'un seul coup une
question intéressante : et si Alien le 8ème Passager se situait à la même époque
que Blade Runner
? En y réfléchissant, ce n'est pas si improbable que ça, voir même tout à
fait possible...
En nous "pondant" ce huitième passager, Ridley Scott, avec la complicité de Giger, a su créer une atmosphère puissante, dont la peur est le principal constituant, couvrant à elle seule la totalité de l'histoire. Assurément, il ne se doutait pas que c'était la création d'une saga mythique qui s'annonçait.
- La fiche Alien le 8ème Passager de SF Story
- Aliens de James Cameron
"This time, it's war" annonçait sans concession la bande-annonce du film, en 1986. Sept ans après le premier volet, James Cameron, révélé par un Terminator impressionnant, poursuit les aventures du lieutenant Ripley. Cette fois-ci placée aux cotés d'une équipe de marines surarmés, chargés de ramener les survivants de la planète alien, elle ne sera plus confrontée à un alien uniquement, mais à des milliers.
On change tout et on recommence
Au moment où l'on commence à croire que Aliens est un Alien le 8ème Passager 2, on se voit soudainement propulsé au sein d'une armée de soldats plus que déterminés, et bien décidés à liquider tout ce qui bouge ; on le sait déjà, les personnages d'Aliens ne valent pas ceux du film de Scott. Par contre, ce qu'on ne sait pas encore, c'est que cela n'a aucune importance pour le film. Très vite, l'ambiance visqueuse et explosive s'impose sur le reste, prend du poids, jusqu'à dominer la quasi-totalité de l'œuvre (seule exception, la petite Newt, qui développe le côté maternel de Ripley).
L'environnement n'a plus rien avoir non plus ;
les salles restreintes du Nostromo où régnait un silence angoissant sont ici
remplacées par des dédales de couloirs et de tunnels aux parois visqueuses,
formant de véritables galeries, l'antre même des aliens. Évoluant dans des décors
tous plus inquiétants les uns que les autres, nos guerriers à priori
indestructibles vont tombé tour à tour face à la horde d'ennemis qui les
attaquent.
Ennemis qui eux aussi ont été modifiés, puisqu'ils demeurent cette fois entièrement
organiques, ce qui les prive malheureusement de leur ambiguïté que leur
fournissait le film de Ridley Scott. On pénètre de fond en comble la
"maison" des aliens, et ceux-ci occupent l'écran pendant au moins la
moitié du film, sans que l'on ne retrouve les étranges architectures ornées
de métal et aux formes indéfinissables qui faisaient le charme du premier épisode
; il n'y a plus aucun mystère, et l'alien devient un simple monstre assoiffé
de sang. Mais il est vrai aussi qu'avec un tel scénario, conserver l'ambiguïté
des aliens paraissait difficile. D'autant qu'une chose importante a tout de même
survécu : c'est leur intelligence, qui les rend encore plus redoutables.
Efficacité garantie
Avec ce changement radical d'ingrédients, le réalisateur
prouve en tous cas la parfaite harmonie entre l'univers alien et l'action.
Durant deux bonnes heures, les fusillades, les cris, les courses et les
rebondissements s'enchaînent à un rythme magnifiquement effréné, et on ne
sursaute pas qu'une fois. Du début à la fin, la maîtrise de Cameron pour les
scènes d'actions est incontestable.
Cela donne d'ailleurs l'occasion de souligner que la conception de la peur de
James Cameron diffère grandement de celle de Ridley Scott. Là où ce dernier
s'appliquait à créer une ambiance angoissante et claustrophobe, grâce à une
combinaison judicieuse entre longues séquences silencieuses et scènes
soudaines et brutales, James Cameron met le paquet en ne laissant aucun répit
au spectateur ; les monstres surgissent de partout, faisant constamment de
nouvelles victimes de manières toujours plus horribles.
C'est pour ça que l'on ne peut pas qualifier ce film d'angoissant. Disons plutôt
qu'une réelle tension est présente, essentiellement dans certaines scènes qui
sortent du lot de simple (mais admirable) "boucherie" : le passage où
les quelques membres restants de l'équipage attendent, arme au poing et détecteur
de mouvements en main, la venue des aliens qui ne sont plus qu'à quelques mètres
d'eux, en témoigne.
En ce sens, Aliens est un modèle d'efficacité, maîtrisé de bout en bout. On ne rentre absolument pas dans la violence gratuite, chaque plan est travaillé, le scénario tient la route, et les nouveautés sont au rendez-vous (citons l'invention réjouissante d'une mère alien plus vraie que nature, qui dévoile une grande information sur le cycle reproductif des aliens).
En définitive, James Cameron réussit avec brio l'adaptation des aliens dans un genre mêlant efficacement action et horreur. On se lève et on applaudit ce "très" grand spectacle, qui se distingue de certains autres grands spectacles (les films catastrophe par exemple) par la franchise et la qualité de sa mise en scène.
- La fiche Aliens de SF Story
- Alien 3 de David Fincher
Très bien accueilli en France par le public comme par la critique, Alien 3 est porté à l'écran en 1992 par David Fincher, qui fait alors ses débuts au cinéma. Il se devait de revenir sur le succès de l'épisode le plus noir de la fabuleuse saga Alien.
Un nouveau souffle pour la saga
En voyant ce film, on remarque premièrement une très nette différence avec les deux premiers volets, qui réside essentiellement dans l'originalité de son scénario. En effet, le fait que ceux qui combattent aux côtés de Ripley soient des criminels et non des marines de l'espace ou autres astronautes impose directement une liaison avec la société actuelle, ce qui constitue une grande nouveauté ; on apprend qu'à cette époque, le monde a toujours des tas de problèmes, puisque la délinquance et la criminalité n'ont pas cessé.
Place à l'artiste
La deuxième chose, c'est que l'on retrouve sans
conteste la marque de David Fincher, bien que la production lui ait laissé peu
de liberté à cause de sa jeunesse. L'exemple le plus frappant est sans doute
le fait que ces criminels ont une part de bravoure en eux, ce qui les met sur le
même plan que le tueur de Seven,
qui était d'une méchanceté et d'une cruauté sans nom mais également d'une
intelligence diabolique.
La patte de Fincher, c'est aussi cette histoire atrocement sombre (ces quelques
hommes délaissés par la société et enfermés sur cette planète pénitentiaire
sont contraints à se défendre sans arme ni technologie), qui lors de son dénouement
nous dévoile une morale pessimiste et fataliste (dès le début, Ripley est
persuadée que les scientifiques ne viennent pas pour les aider, et c'est
finalement ce qui arrive ; il n'y a aucun échappatoire, son destin est
cruellement tracé). Le réalisateur nous présente un monde à l'envers, qui
nous paraît d'un seul coup vraisemblable et criant de vérité.
Tout ces éléments scénaristiques sont disposés dans une mise scène sublime, riche en séquences travaillées d'une beauté visuelle écrasante. Dès le générique, qui nous montre alternativement un plan fixe de l'espace sur une chanson aiguë et des gros plans subits de la terreur dans la navette, on est frappé par la qualité du travail artistique, qui libère une tension poignante. Un sérieux concurrent pour la mise en scène du maître Ridley Scott.
Retour aux sources
Enfin, même si Alien 3 se distingue des autres opus par sa dimension philosophique et sa noirceur particulièrement accentuée, il est aussi en quelque sorte un retour vers Alien le 8ème Passager qui prouve visiblement la préférence de Fincher pour l'œuvre de Ridley Scott. On le voit d'abord par la présence d'un alien uniquement, représentant la menace qui déclenche la peur des personnages. Car dans ce film, la vraie vedette, c'est l'humain, que ce soit Ripley qui développe un énorme charisme rien que par sa relation avec Clemens, ou Dillon qui s'est forgé, en compagnie de ses "p'tits frères", une curieuse religion au fil des années.
Les robots sont quant à eux la pire espèce puisqu'ils représentent tout simplement l'esprit des scientifiques, qui se servent d'un modèle similaire à Bishop pour convaincre Ripley de les suivre dans la scène finale ; et encore un point commun avec Alien le 8ème Passager. Ajoutée à cela la magnifique scène de poursuite (reprise et développée) dans les couloirs afin d'amener la bête à l'endroit voulu, il est difficile de ne pas voir des similitudes avec le premier volet. Une chose importante différencie cependant les deux films : c'est l'œuvre de Giger, bien moins présente dans Alien 3 et qui donnait au film de Scott une sorte de teinte hybride, entre peur et fascination (on ne peut pas tout avoir).
En somme, on a là un film de grande qualité qui remanie avec habileté quelques éléments qui ont fait la gloire de Alien le 8ème Passager, en y instaurant un climat inquiétant et singulier à la grandeur humaniste saisissante. Une réussite.
- La fiche Alien 3 de SF Story
- Alien Resurrection de Jean-Pierre Jeunet
Le défit semblait difficile à relever, mais en
1997, Jean-Pierre Jeunet, remarqué par par une curieuse Cité
des Enfants Perdus, ressuscite le mythe
en faisant revivre Ripley au milieu des aliens, dont elle est cette fois la mère.
Tout le début du film, jusqu'au moment où les contrebandiers arrivent à bord
du vaisseau et où le rythme s'emballe, laisse un arrière-goût dans la bouche
quant à la possibilité d'avoir reconstituer Ripley, qui s'était jetée dans
la lave quelques siècles auparavant ; et même si l'on admet que les progrès
de la médecine et des technologies utilisées à cette époque sont sans
limite, on est frustré par la quasi-négligence du réalisateur quant à la
peine qu'avait dû se donner David Fincher pour construire une fin forte et cohérente.
D'accord, l'intro comporte quelques très beaux plans, mais un gros manque
d'explications se fait sentir, ce qui nous laisse sur notre faim ("On
a retrouvé une goutte de sang et on a reconstitué Ripley avec" ne
suffit pas vraiment à nous convaincre).
Heureusement, passée cette transition un peu facile entre les deux films, Alien Resurrection nous réserve une mise en scène originale, de très belles scènes d'actions et quelques surprises inattendues.
Pour le meilleur...
Alien Resurrection,
c'est d'abord l'œuvre d'un français, qui s'est aventuré dans le monde des
grandes productions américaines, et a eut le courage de marcher sur les traces
de réalisateurs de prestige que sont Scott, Cameron et Fincher. Mais
Jean-Pierre Jeunet n'est pas un français comme les autres, ce qui explique
peut-être pourquoi les américains ont pensé à lui pour ce projet. C'était
d'ailleurs un choix intelligent, puisqu'il s'avère que le style excentrique de
Jeunet mêlé à l'univers Alien donne un résultat assez intéressant.
Le réalisateur a su gardé une grande part de sa mise en scène spéciale,
surtout sur le côté visuel, nous servant de très gros plans sur les visages,
des scènes tout à fait surprenantes, aux angles de vue auxquels personne
n'aurait pensé, et aux allures parfois répugnantes (tout ça a été conservé
de La Cité des Enfants Perdus),
d'autant plus qu'ici, le côté gore est très accentué. En effet, Jeunet ne lésine
pas sur l'horreur, surtout à partir de l'apparition de l'alien hybride, créature
vraiment hideuse, qui n'hésite pas à décapiter sa fausse mère et croquer à
pleines dents le crâne d'un scientifique fou. On finit ainsi par se poser la
question si Alien Resurrection
n'est pas simplement un pur film d'horreur.
Cela n'empêche que certains seront ravis de cet apport novateur à la série,
en y voyant peut-être une manière pour le réalisateur de montrer l'aspect négatif
des scientifiques (ce sont eux qui sont à la base de toute cette terreur),
tandis que d'autres trouverons le style gore bien trop poussé, menant le film
dans un direction qui n'est pas digne des trois premiers volets.
Mais on ne peut pas dire que cela soit un réel
problème, car toute l'histoire repose finalement sur le fait que les rapports
humains-aliens ont été brisés ; Ripley est à moitié alien, les aliens sont
à moitié humains, et tous sont les victimes des scientifiques, qui demeurent
les véritables ennemis. Cela donne quelques scènes plus profondes que les
autres, qui développent une thématique plutôt consistante (la scène où
Ripley, observant la créature se décomposer sous ses yeux, semble elle-même
mourir partiellement, en témoigne).
Tous ces éléments se voient renforcés par des scènes d'actions à couper le
souffle, parfaitement imaginées et admirablement filmées (voir l'excellente
course-poursuite... sous l'eau, un vrai tour de force numérique). De ce point de vue, Alien Resurrection s'avère
être une réussite. Mais c'est sans compter une chose importante qui l'infériorise
par rapport à ses prédécesseurs.
... Et pour le pire
Ce que l'on pourrait cependant reprocher à
Jean-Pierre Jeunet, c'est que de toute la saga, c'est finalement son film qui de
rapproche le plus du style américain, c'est-à-dire avec une narration plutôt
mal organisée (et pour tout dire décevante), qui mélange tout, aussi bien scènes
d'actions, de suspense ou encore de tragédie, avec passages comiques,
comportant de petites blagues inutiles. Ainsi, on découvre - et on ne sait pour
quelle raison - qu'à la suite de sa "résurrection", Ripley se dévoile
comme une bien drôle farceuse (elle cachait bien son jeu avant Alien
4).
A côté de cela, on trouve également des passages aux répliques énervantes
dont on se serait volontiers passé, comme par exemple le moment où le chef des
scientifiques, avant de tirer lâchement sur Call (Winona Ryder), déclare haut
et fort comme pour rappeler à tout le monde que c'est lui le gros méchant :
"C'est beau d'avoir confiance !". Dans la même veine, il y a aussi
l'apparition soudaine d'un des gardes, Di Stefano, que l'on avait entraperçu au
début, et qui, en plein milieu du film et pour une raison inexpliquée, passe
d'un seul coup au-devant de la caméra et se met à déballer avec une
quasi-hystérie son étonnement sur la véritable identité de Call (?!).
En passant d'une scène gore à une scène comique, puis à une scène tragique, puis encore à une scène comique, le film voit tous ses effets se noyer dans la confusion, ne parvenant pas à apporter l'impact attendu.
Alors oui, le défi semblait difficile à relever, et cette difficulté se fait sentir ; c'est d'autant plus dommage, car le style très visuel de Jeunet associé à l'univers Alien est un cocktail curieux et réussi, qui aurait certainement été à la hauteur des autres épisodes en présence d'un thème mieux développé et d'un scénario mieux construit.
- La fiche Alien Resurrection de SF Story
Grâce aux divers talents de ses réalisateurs, qui fait que chaque oeuvre possède une âme et un style propre à elle-même, la saga Alien se résume donc à une incroyable et inépuisable source de créativité, développant tantôt des peurs primaires, tantôt des réflexions plus profondes, et possédant d'extraordinaires qualités esthétiques et un sens de l'action remarquable. A coup sûr, cette saga laissera une grande marque dans l'histoire de la science-fiction conjuguée au Septième Art.
Mad Dog, Octobre 2000
- Un article intéressant sur l'univers Alien