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INTRODUCTION

Naissance, innocence, croissance, prise de conscience, puberté, connerie, maturité, stabilisation physique et mentale, voire philosophique... Et puis un jour, on tombe sur un disque de Gainsbourg. Et là, mamamia, il faut tout recommencer à zéro. Oui, c'est rageant mais c'est obligatoire, et tous ceux qui espèrent gagner du temps en brûlant cette étape initiale sont éliminés d'office. Car la découverte du monde gainsbourgien ne se fait pas en un claquement de doigts devant le juke-box, ou comme ça, en prenant son p'tit dèj' dans le cirage tout en captant vaguement d'une oreille Comic Strip sur RFM, auquel vient succéder une quelconque énormité signée Lara Fabian. Au contraire, c'est une quête de longue haleine qui demande une attention particulière et un minimum d'investissements personnels. On vous aura prévenu.

Ah non non non, ne partez déjà, c'est trop facile ! Alors voilà, on vous dit qu'il faudra vous remuer juste un peu plus qu'à l'habitude, et ça suffit pour vous décourager ?! Enfin quoi, un peu d'ardeur en ces temps de grisaille ! Ce n'est pas parce qu'on vit dans une époque pourrie que ça vous donne systématiquement le droit de baisser les bras dès qu'une occasion se présente. Et d'ailleurs, je ne sais pas qui est-ce qui s'est cru malin de sortir que l'époque dans laquelle nous vivions puait la défaite, mais il devait être sacrément têtu, celui-là. Prenez l'œuvre de Serge Gainsbourg, par exemple : retour à la case départ, tricherie éliminatoire... Ou bien j'ai la berlue, ou bien c'est à un grand jeu que l'on a affaire en se plongeant dans la discographie intimidante de ce poète/chanteur/compositeur d'exception. Un jeu à la richesse inouïe, parsemé de sombre embûches cyniques et de petits trésors poétiques, et dont les règles singulières semblent avoir été conçues dans le seul but de répondre OUI à la question suivante : la vie vaut-elle d'être vécue ?

Alors surtout, dans la vie en général, ne vous privez en aucun cas, et dans le cas présent, profitez pleinement de ce que les bacs ont gardé de précieux : si ce n'est pas encore fait, ruez-vous dans la seconde qui suit sur les traces de génie que Serge Gainsbourg a laissé sur son passage. Le reste, on s'en fout. Après tout, ce genre de truc ne se rencontre qu'une seule fois dans une vie. Et cela donne déjà une bonne raison de se donner un peu de courage pour lire mes jolis commentaires. 

 

 

La discographie commentée

Jane Birkin

Quelques liens